L’enrochement qui protège le littoral entre Saint-Martin-de-Bréhal et Coudeville-sur-Mer doit faire l’objet de nouveaux travaux. Une étude est en cours pour définir les interventions nécessaires sur cet ouvrage de protection long d’environ 2,15 km. Le chantier est désormais envisagé à l’horizon 2028.
Face à la mer, l’ouvrage se fait parfois discret. Pourtant, sur le littoral de Bréhal et de Coudeville-sur-Mer, cet enrochement joue un rôle essentiel dans la protection des terrains situés en arrière du trait de côte.
La question de son avenir est aujourd’hui au cœur des travaux engagés par l’Association syndicale autorisée (ASA) de Bréhal-Coudeville-sur-Mer. Cette structure, qui regroupe les propriétaires concernés par le système de défense contre la mer, est chargée de l’entretien et de la conservation des ouvrages de protection.
Une digue de 2,15 km à conforter
L’ouvrage concerné s’étend sur environ 2 150 mètres entre les deux communes. Il s’agit d’une protection constituée principalement d’enrochements, dont la stabilité et la durabilité doivent aujourd’hui être étudiées plus précisément.
Une étude a ainsi été confiée au bureau d’études Géolithe. Son objectif est d’évaluer l’état de l’ouvrage et de déterminer les interventions nécessaires pour garantir sa stabilité, sa durabilité et sa fonctionnalité.
Le dossier est suivi avec Granville Terre & Mer, dans un contexte plus large de gestion du trait de côte et de protection contre les risques liés à la mer. Les éléments disponibles indiquent que les études constituent actuellement une étape préalable aux futurs travaux.
Des travaux annoncés pour 2028
Le calendrier désormais évoqué prévoit une intervention à partir de 2028. Cette échéance laisse encore du temps pour préciser la nature exacte du chantier, son coût et les modalités techniques retenues.
Le projet ne consiste donc pas simplement à ajouter des blocs de pierre sur l’ensemble du linéaire. L’objectif est d’abord de déterminer les secteurs qui nécessitent une intervention et la nature des travaux à réaliser pour maintenir l’efficacité de l’ouvrage.
Cette phase d’étude est particulièrement importante sur un littoral soumis à une évolution permanente. L’état d’un enrochement peut en effet être affecté par les tempêtes, les mouvements de matériaux et l’évolution du trait de côte.
Un littoral déjà marqué par les mouvements de sable
Les observations réalisées ces dernières années montrent justement que le secteur de Saint-Martin-de-Bréhal est en évolution.
Le Département de la Manche suit notamment l’évolution du littoral grâce à différents dispositifs d’observation. Les relevés réalisés depuis 2020 montrent des mouvements de sédiments importants sur plusieurs secteurs de la plage. Entre 2020 et 2023, une perte de sédiments a notamment été observée sur la moyenne plage, tandis qu’une accumulation était constatée à proximité de l’enrochement au sud.
Le trait de côte a également connu des évolutions contrastées selon les périodes. Les tempêtes ont, elles aussi, laissé leur empreinte. Celle de Pierrick, en avril 2024, a notamment causé d’importants dégâts aux dispositifs de fascines installés sur le secteur. À l’inverse, la tempête Darragh, en décembre 2024, a contribué à recharger le haut de plage et le pied de dune.
Un système de protection qui doit s’adapter
Ces évolutions illustrent la difficulté de gérer un ouvrage de protection installé sur un littoral en mouvement. L’enrochement ne constitue pas un élément isolé : son fonctionnement dépend également de l’évolution de la plage, du niveau des sédiments et des phénomènes d’érosion.
C’est précisément l’un des enjeux de l’étude engagée pour les 2,15 km de digue. Il s’agit de déterminer comment maintenir la fonction de protection de l’ouvrage tout en tenant compte de l’évolution du secteur.
Cette réflexion s’inscrit dans un contexte plus large dans la Manche. Plusieurs associations syndicales de défense contre la mer travaillent actuellement sur l’avenir de leurs ouvrages, avec des projets de confortement, de remise en état ou de modification des systèmes de protection.
Qui est chargé de l’ouvrage ?
L’ASA Bréhal-Coudeville-sur-Mer joue un rôle central dans ce dossier. Elle regroupe les propriétaires des parcelles cadastrales situées dans son périmètre sur les communes de Bréhal et de Coudeville-sur-Mer.
Ses missions portent notamment sur la protection contre la mer des terrains concernés ainsi que sur l’entretien et la conservation des ouvrages de protection. L’association est par ailleurs placée sous la tutelle du préfet et soumise à un ensemble de règles spécifiques liées à la gestion des ouvrages de défense contre la mer.
Le sujet dépasse toutefois le seul périmètre de l’association. La gestion du trait de côte mobilise également les collectivités et les services de l’État, notamment pour les questions réglementaires, environnementales et liées au domaine public maritime.
Un chantier qui se prépare plusieurs années à l’avance
Avant de voir les engins intervenir sur le littoral, plusieurs étapes doivent encore être franchies. L’étude technique doit permettre de définir précisément les besoins. Viendront ensuite les phases de conception, les procédures administratives nécessaires et la préparation du chantier.
Le calendrier annoncé pour 2028 doit donc être considéré comme une échéance de réalisation envisagée, et non comme le début immédiat des travaux.
La concession d’utilisation du domaine public maritime constitue notamment l’un des cadres administratifs dans lesquels s’inscrit la gestion de la digue de protection de Bréhal et Coudeville-sur-Mer. Une décision préfectorale a déjà régularisé cette concession pour l’ouvrage de protection contre la mer.
Un enjeu important pour le littoral de Bréhal et Coudeville
À l’horizon 2028, les travaux devront donc répondre à un double objectif : maintenir la fonction de protection de l’enrochement et tenir compte de l’évolution naturelle du littoral.
Pour les habitants, les propriétaires et les acteurs économiques du secteur, l’enjeu est important. Derrière les 2,15 km d’enrochement se trouvent un territoire littoral fortement fréquenté, des habitations, des activités et des espaces naturels soumis aux évolutions du trait de côte.
Le dossier devrait donc continuer à évoluer au cours des prochains mois, à mesure que les études permettront de préciser l’état de l’ouvrage et les travaux nécessaires. L’échéance de 2028 donne désormais une perspective au projet, mais le contenu précis du futur chantier reste encore à définir.
